mercredi 28 février 2007

Ségolène Royal à Clichy-sous-Bois

Le 27 février 2007 restera une date importante pour moi. Tout d'abord parce que ce jour là, j'ai eu 40 ans ! Ensuite parce que c'est le jour que Ségolène Royal a choisi pour un déplacement de campagne dans notre circonscription.

Arrivée vers 10h15, elle a d'abord été accueillie en mairie par Claude Dilain pour rencontrer les familles de Zyed Benna et Bouna Traore. A chaque fois que je les ai cotoyés, j'été frappé par la dignité intense de ces personnes, touchées par le drame du 27 octobre 2005. Les premiers moments de Ségolène Royal à Clichy-sous-Bois furent donc placés sous le signe de l'émotion, puis du recueillement devant la plaque commémorative que nous avions inaugurée il y a quelques mois, devant le très beau collège Robert-Doisneau, où les deux enfants étaient scolarisés.

Ségolène Royal a discuté ensuite durant près d'une heure avec les habitantes et les habitants de la résidence "Les bois du temple", à l'initiative notamment de Fayçal Bouricha, très investi dans ce quartier. Education, soutien scolaire, action des femmes relais : tels étaient les sujets sur lesquels notre candidate souhaitait confronter ses propositions présidentielles à la réalité du terrain. Les débats ont été beaucoup plus larges et beaucoup d'autres points n'ont pas manqué d'être abordés : la situation générale du quartier, l'inadaptation des logements aux personnes handicapées, les pannes régulières d'assenseurs, les discriminations à l'embauche... En entendant tout cela, que je connaissais malheureusement trop bien, il m'est venu à l'idée de réflechir à une ou plusieurs propositions de loi, qu'un député de notre circonscription pourrait utilement défendre et faire adopter à l'Assemblée nationale. Des propositions plus utiles à mes yeux que celles -jamais inscrites à l'ordre du jour d'ailleurs- que notre actuel député commet pour faire parler de lui : interdiction des strings, rétablissement de l'uniforme à l'école ou projet opportuniste d'introduire un délit de blasphème... Je lui laisse ce registre. Pour ma part, je présenterai plusieurs propositions de loi concrètes durant la campagne. J'y travaillerai avec les populations concernées.

En sortant de la petite salle où nous avions dialogué avec des habitants du quartier, l'ambiance était chaleureuse, malgré la cohue des journalistes. Applaudissements, encouragements... Assurément, certains candidats sont bienvenus, plus que d'autres, dans nos banlieues.

La matinée s'est terminée à la maison de la jeunesse, où Ségolène Royal s'est engagée sur l'essentiel des propositions issues du travail du collectif AC LE FEU! Pas sur toutes, car il ne s'agissait pas d'une démarche démagagique destinée à amadouer, mais bien du résultat d'une étude détaillée des cahiers de doléances et des orientations qui en ont été tirées.

De mémoire de militant, notre circonscription n'avait jamais accueilli un candidat majeur à l'élection présidentielle en campagne. Ségolène Royal a mis fin à cette situation de très belle manière. Non pour se montrer, mais pour écouter et s'engager.

lundi 26 février 2007

Nicolas Sarkozy et les sous-marins ou l'arroseur arrosé

Dans mon commentaire du 2 février dernier, j'expliquais le mécanisme mis en place par Nicolas Sarkozy et ses amis pour décrédibiliser Ségolène Royal. Parce que, sommée par un journaliste de réciter le nombre de sous-marins nucléaires d'attaque et le nombre de sous-marins nucléaires lanceurs d'engins, notre candidate n'avait pas su donner la bonne réponse, l'escouade flingueuse toute dévouée au candidat de l'UMP s'était répendue sur les plateaux de télé, les ondes et dans tous les journaux pour gloser sur l'incompétence supposée de cette femme socialiste qui prétendait à la présidence de la République française...

Interrogé sur le même sujet ce matin sur RMC et BFM TV, Nicolas Sarkozy n'a pas su répondre non plus ! Pas content de s'être mis dans cette inconfortable posture, il a déclaré :"honnêtement la question est un peu spécieuse".

D'où l'on déduit que, pour la même question, quand Ségolène Royal ne sait pas répondre elle est incompétente et quand Nicolas Sarkozy ne sait pas répondre, la question est "spécieuse".

Pour ma part, je pense que les candidats à l'élection présidentielle ne sont pas des candidats à "questions pour un champion". On doit arrêter d'exiger qu'ils soient spécialistes de tout. Et donc s'abstenir de les dénigrer s'ils ont un trou. Pour autant, Nicolas Sarkozy ayant tellement fait moquer sa rivale sur cette question précise, on était en droit d'attendre qu'il connaisse au moins cette réponse là !

dimanche 25 février 2007

Quelques points de repère pour situer Nicolas Sarkozy et François Bayrou

En 1995 déjà, Jacques Chirac avait réussi à tromper une partie des Français sur la véritable nature de son positionnement politique. Sa concurrence avec le Premier ministre sortant Edouard Balladur, pourtant membre du même parti que lui et son discours sur la dénonciation de la fameuse "fracture sociale" avaient conduit des électrices et des électeurs souhaitant sincèrement un changement de politique à voter pour lui. Ils avaient très vite déchanté. Elu président de la République, Jacques Chirac avait conservé la même majorité à l'Assemblée nationale et mené la même politique que son prédécesseur. En quelques mois, le gouvernement Juppé (dans lequel l'actuel député UMP de notre circonscription était ministre) avait réussi à paralyser le pays pendant plusieurs semaines, avant d'être remercié après la dissolution de 1997.

Aujourd'hui, deux candidats essaient de nous refaire le coup de l'illusion de leur positionnement. Nicolas Sarkozy, membre du RPR depuis sa prime jeunesse, président de l'UMP, parti qui dispose de la majorité absolue à l'Assemblée nationale depuis 5 ans, toujours ministre d'Etat, n°2 de tous les gouvernements Raffarin et Villepin, voudrait faire croire qu'il incarne le changement ! Comment ferait-il demain ce qu'il n'a pas fait dans les hautes responsabilités qui étaient les siennes depuis maintenant 5 années ? S'il est normal que ceux qui sont satisfaits de la politique actuelle votent pour Nicolas Sarkozy, j'invite tous les autres, ceux qui aspirent sincèrement à un vrai changement, à ne pas céder à l'illusion que le candidat de la majorité sortante pourrait l'incarner.

Le positionnement de François Bayrou est encore plus brouillé. A l'entendre, il ne serait ni de gauche, ni de droite, mais ailleurs. Et cet ailleurs serait la solution à tous les problèmes que les autres n'ont pas réussi à régler. Revenons sur terre. Lors de la législature qui vient de se terminer, les députés UDF ont voté 42 des 64 textes les plus importants présentés par les gouvernements de droite. Les sénateurs UDF ont fait un petit peu mieux : ils en ont approuvé 55. Avec une opposition comme celle là, plus besoin de majorité... Dans le pays, les présidents de Conseils généraux UDF et les maires UDF des communes de plus de 30 000 habitants gèrent leurs collectivités au quotidien à la tête de majorités UDF-UMP, associant dans un nombre substanciel de cas les très peu centristes amis de Philippe de Villiers ! En Seine-Saint-Denis, UMP et UDF siègent dans le même groupe au Conseil général et il est totalement impossible de distinguer une seule spécificité dans le positionnement des élus UDF. Bref, du discours aux actes, il y a un abîme...

Au risque de sembler vieux jeu à quelques-uns de mes lecteurs, je persiste à affirmer que seule la candidate socialiste à l'élection présidentielle et les candidats socialistes pour les élections législatives proposent un véritable changement, qu'ils sont prêts à assumer parce qu'ils acceptent de se confronter à la réalité de l'exercice du pouvoir.

mercredi 21 février 2007

De retour de Bretagne

Durant ces dernières 36 heures, j'étais à Rennes, pour le premier grand meeting national en région de Ségolène Royal. Organiser une telle manifestation n'est pas de tout repos. Une équipe de "dimanche +" le magazine de Laurence Ferrari, diffusé en clair sur "canal +" le dimanche à 12h40, s'est intéressée aux préparatoires de ce genre d'évènement. Peut-être aurez vous l'occasion de m'apercevoir dans le reportage, qui sera à l'antenne dimanche prochain. Une fois encore, nous avons été impressionnés par l'exceptionnelle mobilisation suscitée par ce grand rassemblement autour de la candidate socialiste : plus de 12 000 personnes sur le site et malheureusement une quarantaine de bus qui n'ont pas pu y accéder, bloqués sur la rocade de Rennes saturée... Une telle affluence n'avait pas été enregistrée depuis les campagnes de François Mitterrand. C'est plutôt encourageant.

D'ici au premier tour, neuf autres grands meetings nationaux en région me donneront l'occasion de parcourir une fois de plus la France d'Est en Ouest et du Nord au Sud. C'est toujours une expérience enrichissante, lorsque l'on aspire à un mandat de député. Bien connaître son pays, les femmes et les hommes qui le composent, est à mes yeux tout aussi important que de bien connaître les recoins, de maîtriser les dossiers et de savoir qui sont les habitants de sa circonscription, si l'on veut être un parlementaire efficace.

La campagne nationale ne me fait pas oublier mes devoirs d'élu local. Le chantier de la RN3 à Livry-Gargan étant toujours arrêté (voir l'article publié dans ce blog le 23 janvier dernier), j'ai ce midi "piqué un coup de gueule" comme on dit. Je comprends que le Conseil général répugne à assumer l'héritage dont l'Etat se débarasse de façon plus que cavalière. Mais je n'accepte pas que les automobilistes qui empruntent cet axe, les entreprises et en particulier les nouvelles qui le bordent, ainsi que les usagers des centres commerciaux, fassent les frais qu'un billard entre les différentes administrations. Pour calmer ma colère, on m'a promis une reprise des travaux pour... mi-avril. Ce qui ne m'a pas calmé du tout ! Je demeure donc mobilisé pour trouver une solution rapide à cet imbroglio administratif, suscité par les lois votées par l'actuelle majorité parlementaire (et donc par l'actuel député UMP de notre circonscription).

lundi 19 février 2007

Impressions du soir...

Depuis l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, on ne cessait de nous seriner que Ségolène Royal n'avait pas de projet, ou un programme coûtant beaucoup trop cher pour être réaliste (cette deuxième critique étant incohérente avec la première, mais ça n'avait l'air de gêner personne), ou bien, pire encore, qu'elle n'avait pas les qualités requises pour exercer la magistrature suprême... Je suis en train de regarder l'émission télévisée "j'ai une question à vous poser" et je ne vois vraiment pas comment ceux qui tenaient ce discours depuis plus d'un mois vont pouvoir continuer demain matin. Je ne suis peut être cependant pas au bout de mes surprises. Nous verrons la presse demain. Si les commentateurs n'osent pas poursuivre dans cette voie, sans doute trouveront-ils autre chose... Tant mieux, cela nous oblige chaque jour à plus de précision, plus de vérité. "C'est à nous de fatiguer le doute du peuple, par la perséverance de notre dévouement" écrivait déjà Jean Jaurès il y a une centaine d'années.

Deux poids, deux mesures. Nicolas Sarkozy n'a pas été sommé, lui, de présenter un programme précis. Si l'on y regarde de plus près d'ailleurs, quand l'a-t-il fait ? Certainement pas lors de la grand-messe de la porte de Versailles du 14 janvier dernier. Pour avoir une idée précise de la globalité de son projet, il est nécessaire de synthétiser ses différents discours, parfois contradictoires. Sans en connaître le détail, tout le monde a bien voulu gober le chiffre du coût de ce pseudo-programme, établi par lui même : environ 30 milliards d'euros. Simple petite remarque à tous les crédules : la seule baisse de 4 points des prélèvements obligatoires, promise à cor et à cri par le candidat de l'UMP, représente une perte de ressources de 72 milliards d'euros pour les finances publiques. Ce chiffre est très facile à calculer et à vérifier.

Un petit dernier pour la route... Depuis trois semaines, mes amis de Romainville me disaient que je ne devais pas croiser beaucoup Eric Raoult dans notre circonscription : il avait pris ses quartiers dans cette ville pour soutenir le candidat UMP à l'élection municipale partielle. Je leur avais répondu que ce motif d'absence là ne changeait pas grand chose pour nos six villes et ne changerait pas grand chose non plus au résultat de l'élection. Pronostic confirmé : son poulain n'a pas fait 12% au premier tour et n'a pas réussi à atteindre 14% au deuxième tour !

samedi 17 février 2007

Respecter ses engagements sans augmenter les impôts

Nombre de citoyens estiment malheureusement que les responsables politiques ne sont bons qu'à faire des promesses qui coûtent cher et qu'ils ne tiendront pas forcément ensuite. Ils en déduisent que droite et gauche sont à mettre "dans le même sac" et que l'on peut donc voter indifféremment pour les uns ou pour les autres, voire aux extrêmes ou ne pas voter du tout...

Nicolas Sarkozy use de cette perception pour tenter de s'attirer les suffrages des classes moyennes et populaires, ou, à tout le moins, décourager le vote de celles et ceux qui auraient un intérêt naturel à tourner leurs regards vers les socialistes.

A mon modeste niveau, depuis que je me suis engagé en politique, j'ai pour ambition de convaincre mes concitoyens qu'il existe des élus dévoués, honnêtes et compétents, qui peuvent présenter un programme ambitieux, le respecter et le mettre en oeuvre pendant la durée de leur mandat, sans pour autant augmenter les impôts. Les orientations budgétaires de la ville de Livry-Gargan, exposées lors du Conseil municipal de jeudi dernier par le maire Alain Calmat sur ma proposition, me semblent donner une traduction concrète de cette ambition (le texte intégral du rapport d'orientations budgétaires de la ville de Livry-Gargan peut être téléchargé sur mon site www.pascalpopelin2007.com, rubrique "portrait", page "adjoint au maire de Livry-Gargan).

Ce que j'ai fait depuis maintenant douze ans au service de la ville de Livry-Gargan, je saurai le faire à l'Assemblée nationale au service de notre circonscription, si vous m'accordez votre confiance lors des élections législatives des 10 et 17 juin prochains.

mercredi 14 février 2007

Eric Raoult dans le texte

Il est parfois des moments où on ne peut résister à la tentation de promouvoir les déclarations de la concurrence, tant elles sont savoureuses et édifiantes... Dans une interview accordée au "bondy blog", l'actuel député UMP de notre circonscription livre le fond de sa pensée sur un certain nombre de sujets qui ont marqué l'actualité de nos villes au cours des derniers mois. Florilège.

En réponse à une question sur l'action dans les quartiers du gouvernement qu'il soutient : "concernant la sécurité, les deux mots rapides et peut-être malheureux de racaille et kärcher et la mort de Zyed et Bouna ont provoqué une crispation malgré l'amélioration". Mon commentaire : pour Eric Raoult, la situation dans nos quartiers se serait donc améliorée. C'est un avis que je ne partage pas. Ce qui s'est passé en octobre et novembre 2005 ne serait qu'une crispation. Je crains que ce ne soit plus grave. L'emploi des mots "kärcher" et "racaille" par Nicolas Sarkozy, le candidat qu'il soutient pour l'élection présidentielle, serait "peut-être" malheureux. Le peut-être est de trop, c'est le moins que l'on puisse dire !

En réponse à une question sur Le Raincy dont il a déclaré qu'il s'agirait d'une "enclave en territoires occupés" : "Je n'ai pas dit cela en interview, j'ai dit cela devant les jeunes de l'Union des étudiants juifs de France et j'ai été applaudi". Mon commentaire : ce qui compte, c'est ce que l'on dit, pas le public devant lequel on le dit ! Pour ma part, je tiens le même discours à la synagogue, à la mosquée, au temple, à l'église, dans la rue, dans ma salle de bains, devant les journalistes, en réunion publique, le matin, le soir...

"C'est vrai, ce propos peut, hors contexte, passer pour une connerie. Chacun son kärcher et sa racaille. C'est comme Chirac avec l'Iran. Ce n'est pas toujours facile de bosser avec les journalistes". Mon commentaire : parole d'un expert qui goûte pourtant la fréquentation des journalistes à l'excès, au détriment du reste...

En réponse à une question sur la construction de logements sociaux au Raincy : "Je ne trouve pas la place pour construire". Mon commentaire : le maire du Raincy est moins doué que les promoteurs immobiliers qui arrivent, eux, à trouver des terrains pour construire de nombreuses résidences de standing dans sa commune. En vérité, je préférerais qu'il continue de dire, comme il le faisait avant, qu'il ne veut pas de ce type de logements dans sa ville parce que cela pourrait déplaire à ses électeurs. Ce serait plus franc.

"Le plan d'occupation des sols ne me le permet pas". Mon commentaire : mais au fait, ne serait-ce pas le Conseil municipal, sur proposition du maire, qui adopte le plan d'occupation des sols (désormais plan local d'urbanisme) au Raincy comme partout ailleurs ?

Voilà, c'est tout pour ce soir. D'autres perles vous attendent si vous avec le courage de consulter l'intégralité de cette interview sur http://yahoo.bondyblog.fr.

Bonne fête à tous les amoureux !